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Des questions ?

Bienvenue sur ce blog, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.

Grâce à ce blog, j'espère vous permettre de mieux comprendre mon travail, et surtout avoir la possibilité de dialoguer avec vous, et recueillir vos impressions.

Paul Cox

 

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21 février 2005 1 21 /02 /février /2005 00:00
Pardon pour ces trois jours de silence dus à ma seule incompétence! Du coup, voici deux livraisons consécutives, que j'avais préparées san pouvoir les mettre en ligne.
Dans l'exposition, l'autre jour, deux personnes dessinaient ce qu'elles voyaient: un étudiant relevait méticuleusement dans son carnet une construction complexe, décrivant la perspective de chaque bloc - je n'ai pas osé l'interrompre pour photographier son dessin. L'autre dessinateur, c'était mon ami Patrick Suet, qui dessine sans cesse sur des petits bouts de papier qu'il fourre dans ses poches (je le soupçonne de les y oublier parfois aussi). J'ai sauvé celui-ci de cet éventuel oubli.



C'est bien de dessiner tout le temps. J'ai pour habitude quotidienne, quoi qu'il se passe, de dessiner au moins une heure par jour, ce qui me passe par la tête d'une part, et des dessins d'observation d'autre part. C'est une manière d'entretenir cet état de conscience différent qu'impose l'activité du dessin, exactement comme un musicien travaille chaque jour son instrument (pardon de citer une nouvelle fois "Le maître ignorant" de Jacques Rancière, qui évoque "le travail inlassable pour plier le corps aux habitudes nécessaires, pour commander à l'intelligence de nouvelles idées, de nouvelles manières de les exprimer; pour refaire à dessein ce que le hasard avait produit, et retourner les circonstances malheureuses en chances de succés..."). Tous les problèmes de l'homme viennent de ce qu'il s'arrête en chemin. Le Corbusier parlait de la notion, qui lui paraissait essentielle, de "continuité quotidienne".













J'ai un dossier où je range les idées et projets qui me viennent à flots pendant que je dessine et que je n'ai pas le temps de mettre à éxécution sur-le-champ. Ce dossier s'intitule DD (pour "Daily Drawing", dessin quotidien) - mon passé d'angliciste m'a laissé pour habitude de noter pas mal de choses en anglais - et je le range à côté d'un autre précieux dossier marqué IDL ("Idées De Livres"). Il y a dans tout cela plus d'idées que je ne pourrai vraisemblablement en réaliser dans le temps de ma vie. Alors le moment venu je les vendrai à un artiste débutant comme un notaire sa charge (non, je plaisante, bien sûr, ces idées sont à tout le monde - ce n'est pas avoir l'idée qui importe, c'est la réaliser: en art, comme en tout, et contrairement à l'adage bien connu, ce n'est pas l'intention qui compte, encore faut-il la mettre à l'épreuve de la réalité).

Aujourd'hui, dans l'exposition, il y avait un majestueux pont.

 


J'aime beaucoup les ponts. A l'inverse je n'aime pas les frontières, les cloisonnements, les catégories fermées. Les idées, selon mon expérience, viennent toujours de la mise en rapport de deux notions habituellement non jumelées, voire opposées, comme tout ce qui est dynamique et vivant semble toujours naître de l'action contradictoire de deux forces - c'est pourquoi le paradoxe est si précieux. Je montrais hier la photographie d'un arbre extraordinaire.





L'arbre est un bon exemple de cette croissance dynamique résultant de l'interaction de deux forces: la poussée verticale de l'arbre, et la gravitation. Si cette dernière ne s'exerçait pas, l'arbre pousserait tout droit.




Or la gravitation, force de sens opposé, contrarie cette poussée,



qui trouve alors une échappatoire oblique,



jusqu'à ce que le poussée verticale retente sa chance,



et ainsi de suite.

Les fleuves avancent de la même manière: ils iraient tout droit jusqu'à la mer s'il n'y avait la résistance du sol, qui impose le méandre et la boucle comme moyen oblique de contourner l'obstacle.



Arbre et fleuve sont deux belles images d'une oeuvre en train de se construire (c'est peut-être pour cela que j'ai beaucoup dessiné et peint des arbres et des fleuves, depuis longtemps,






ainsi que des cartes géographiques).




La vie elle-même paraît faite de bifurcations et d'avancées alternées, au gré des résistances que l'on rencontre. Ralph Waldo Emerson écrivait: "Le trajet du meilleur des navires n'est qu'une ligne brisée faite de centaine de bords". Et il me plaît de me dire qu'Apollon, dieu de la musique et de la poésie et protecteur des Muses, est aussi appelé Laxios, c'est-à-dire l'Oblique.

Et avant de conclure, l'architecte du jour.



A demain.
(PS A l'instant je pense ceci: cocasse, d'imaginer le blog de Delacroix!)
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18 février 2005 5 18 /02 /février /2005 00:00
Hier, passé une excellente après-midi en compagnie de Capucine, Ulysse et Adrien, qui avaient bien voulu accepter de faire les acteurs pour une équipe de télévision venue filmer l'exposition. Ils ont répondu avec brio aux questions des journalistes, et ont construit de somptueux bâtiments:



Ulysse et Adrien ont imaginé un fier camp militaire,



et Capucine une élégante architecture à l'allure très contemporaine. Mais sa construction terminée, un courant d'air, ou un geste malencontreux, l'a fait s'effondrer. Capucine a aussitôt entrepris de la reconstruire sans montrer aucun émoi.

Cela m'a beaucoup impressionné, et m'a remis en mémoire une anecdote que mes parents me racontaient quand j'étais petit, et qui m'a beaucoup marqué (je ne sais pas si elle est vraie): Hippolyte Taine, célèbre écrivain et historien du XIXème siècle,



venait de terminer la dernière ligne de sa monumentale Histoire de la littérature anglaise. Pour fêter cela et pour se changer les idées, il partit faire un petit tour dans la campagne où il habitait, laissant le précieux et épais manuscrit sur son bureau (c'était bien avant la photocopieuse et l'ordinateur: donc pas de copie de ce seul exemplaire!). Imprudemment, il laissa sa fenêtre ouverte. Un orage éclata. Taine rentra en courant, mais trop tard: le vent avait emporté toutes les feuilles, la pluie avait délavé toute l'encre. Il ne restait plus rien de son énorme travail. Taine ne se démonta pas. Il se remit aussitôt au travail, et recommença à écrire sa première page. Capucine, donc, m'a fait penser à Taine.

Après le reportage, nous sommes allés prendre un goûter, et j'ai assisté là, de la part de mes jeunes acteurs, à de nouvelles prouesses d'expérimentation et de combinatoire: il s'agissait de manger de la meilleure façon le gâteau choisi, d'approche assez malcommode (un macaron plutôt inhabituel, farci d'une sorte de flan serti de framboises et servi avec un petit pot de coulis). J'ai pris en photo les différentes méthodes adoptées, les voici:





J'ai trouvé dans ce goûter une nouvelle preuve de cette vérité fondamentale: il n'y a pas qu'une seule façon de résoudre un problème, mais généralement plusieurs, et ce qui importe c'est de le résoudre avec élégance.

Hier j'ai promis de parler un peu encore de la magnifique exposition "Comme le rêve le dessin" qui se tient en même temps au Centre Pompidou et au Louvre. Au Centre Pompidou, une remarquable scénographie met en rapport dessins anciens et contemporains, et dessins et films; au Louvre, m'a particulièrement frappé la juxtaposition de dessins de Joseph Beuys datant des années 50 et d'un dessin de Barocci, qui vivait au XVIème siècle. Ceci me ramène au livre de Jacques Rancière, "Le Maître ignorant", que j'évoquais plus haut, qui ne cesse de mettre l'accent sur la nécessité d'établir des rapports entre les choses, par exemple: "L'acte de l'intelligence est de voir et de comparer ce qu'elle voit"; ailleurs: "Qui cherche trouve toujours. Il ne trouve pas nécessairement ce qu'il cherche, moins encore ce qu'il faut trouver. Mais il trouve quelque chose de nouveau à rapporter à la chose qu'il connaît déjà".
Le hasard veut que la scénographie de cette exceptionnelle exposition soit signée de l'architecte, Karima, avec qui j'ai travaillé pour mon jeu de construction.
J'ai fini de ranger mon atelier. Place nette maintenant pour commencer les nouveaux projets qui attendent et qui sont déjà un peu en retard

(cet arbre incroyable, que j'ai photographié il y a quelque temps à la campagne, me semble symboliser à merveille la succession des projets - et de manière plus générale la réalité cyclique de la vie! Un projet terminé, un autre naît. Certes, l'image est un peu approximative, l'arbre du dessous paraissant mort (même s'il ne l'est pas, puisqu'il donne naissance à la nouvelle pousse) or un projet terminé n'a évidemment en général pas l'air mort!)

J'attache une très grande importance à la netteté et à la propreté de mon atelier. J'ai lu que Willem de Kooning, un peintre que j'admire beaucoup, avait mis au point un système très ingénieux de gouttière et de clapet pour recueillir, sous le chevalet où il peignait ses peintures assez dégoulinantes, les gouttes et les giclures, de telle sorte que la surface agitée, apparemment désordonnée, pour tout dire un peu "crade", de ses peintures, se détachait toujours sur un environnement particulièrement net et propre (et Mondrian, dit-on, se ménageait, dans un coin de son impeccable atelier où pas un grain de poussière n'aurait oser s'aventurer, un petit cagibi bourré d'un chaotique désordre).



Enfin voici, comme chaque jour dorénavant, l'édifice qui m'a le plus plu lorsque je suis passé voir l'exposition aujourd'hui (j'y passe tous les jours pour prendre des photos en prévision du livre que je veux en faire).

A demain!
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16 février 2005 3 16 /02 /février /2005 00:00







C'est l'heure de ranger ma maison et mon atelier maintenant.



Il y règne un joyeux désordre car la préparation du jeu de construction ne m'a guère laissé le temps de faire le ménage depuis plusieurs semaines - or j'y ai scié, poncé, peint, reponcé, repeint, rescié - bref partout une fine couche de poussière et de sciure recouvre livres et outils, eux-mêmes en proie à la plus incompréhensible des confusions.

 

Sur le grand mur de l'atelier, des ajouts successifs se sont superposés: sur la droite, divers essais de peinture pour les tableaux verts (j'ai finalement choisi la teinte la plus claire et la plus joyeuse); au fond, différentes tailles de gommettes pour la décoration des murs.













La réalisation d'un projet, même si à l'arrivée il peut paraître très simple, passe toujours par une grande quantité d'essais et souvent d'erreurs et d'échecs. J'essaie alors de ne pas me décourager!
Je ne sais plus qui disait que l'artiste est peut-être celui qui sait supporter calmement plus d'échecs qu'un autre.
Me revient à l'esprit cette phrase de Schiller notée cet après-midi dans la magnifique exposition "Comme le rêve le dessin" dont je reparlerai, non pas plus tard, mais demain (cette nuance est aussi subtile que dénuée de logique!), car elle m'a beaucoup impressionné - la phrase de Schiller, donc, qui parle de ces "moments de vertige que connaissent tous les créateurs et dont la durée, plus ou moins longue, seule distingue l'artiste du rêveur".
Pour revenir au mur de l'atelier, par-dessus les gommettes et les recherches de peinture verte j'ai accroché les chutes ou contreformes de mes petits disques en bois, découpés dans de grandes feuilles de contreplaqué. Je vais les garder car je les trouve très jolies - en les laissant traîner dans l'atelier, elles trouveront sûrement tôt ou tard leur utilisation pour une sculpture ou un tableau. J'aime beaucoup les formes rencontrées ainsi "par hasard" (est-ce un hasard? - Jung appelait le hasard "un ordre sans cause"). Par exemple sur les tables de l'exposition j'ai placé des sortes de longues baguettes dont une face décrit une courbe douce: il s'agit en fait des chutes des courbes des tables elles-mêmes. C'est donc un projet assez économique, fait d'ailleurs pour la plus grande part de récupération et de recyclage: les plaques de plastique coloré, par exemple, je les avais expérimentées à l'occasion d'un livre récemment réalisé: "Plafond en kit - Les Sentences de Montaigne", édité par Eric Seydoux.



Quant aux mousses, elles sont issues d'un très grand jeu de construction que j'ai réalisé dans ce matériau et qui était inspiré de mon livre "Animaux".

J'aime trouver ainsi et adopter des formes dont je n'avais pas l'idée au moment de commencer à travailler. On me pardonnera mon usage des citations, mais je ne résiste pas à l'envie d'écrire ici ces mots de Paul Klee qui font partie de mes phrases de chevet: "Ce que je fais m'apprend ce que cherche". C'est-à-dire: travailler non pas en cherchant à éxécuter une idée entièrement préconçue et prévisualisée (à supposer que cela soit possible), mais construire "de l'intérieur", à partir d'un matériau choisi, d'une idée générale, d'une sensation, voire d'une contrainte ou d'une règle du jeu, mais à condition d'être prêt à transgresser cette règle si chemin faisant le besoin s'en impose. C'est ce que disait Le Corbusier qui, parlant du Modulor, cette unité de mesure basée sur les proportions du corps humain et qui permettait d'infinies combinaisons (un peu comme le tangram ou bien sûr les tatamis de l'architecture japonaise), invitait à ne pas strictement en respecter les règles (introduire du jeu dans le jeu!) si, une fois l'inspiration mise en route (et le feu mis aux poudres), l'oeuvre se développait toute seule en suivant sa propre logique.








 J'ai passé une partie de l'après-midi à photographier les constructions réalisées depuis hier - le changement est constant, comme une évocation accélérée de la vie des villes, ou de la vie tout simplement! et je me propose de conclure ma petite rêverie quotidienne par la photo d'une des constructions qui m'a le plus frappé (c'est un peu injuste pour les autres évidemment, car toutes sont étonnantes - mais la plupart trouveront leur place dans les images montrées sur l'écran dans l'exposition, puis dans le livre que j'ai l'intention de réaliser avec toutes ces prises de vues quand l'exposition sera terminée). A demain!

 
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16 février 2005 3 16 /02 /février /2005 00:00
Hier matin, pris livraison des tableaux verts, imprimés chez un sérigraphe dans notre campagne, ou plutôt peints au pochoir (technique que j'affectionne particulièrement - j'y reviendrai - mais cela, ça fait au moins dix fois que je le dis en cinq jours, alors il va me falloir tenir un compte très précis des sujets promis, et aller sans m'égarer de digression en digression et de parenthèse en parenthèse, comme Dubuffet et Laurence Sterne, dont je parlerai plus tard - nouvelle promesse à tenir! - le faisaient si bien).



Enfin, mes palettes de modules posées bien méthodiquement au sol, j'ai commencé à installer ma "proposition" (plutôt qu'à accrocher mon exposition). J'ai commencé par une sorte de grand dessin courant de table en table, figurant au moyen de mes planchettes et de mes bouts de tasseaux des routes et des enceintes, puis des quartiers plutôt bien ordonnés, dans le but de créer le maximum de contraste avec le désordre - ou l'ordre plus complexe - à venir.

.

Voici ma "proposition" bien rangée terminée, prête à accueillir les visiteurs.





Vue du forum, l'installation, derrière sa vitrine, ressemble à un jeu bien rangé dans sa boîte.



Il reste encore à poser le titre de l'exposition sur la vitrine au moyen d'adhésifs - l'exposition nécessite la collaboration de très nombreuses personnes, architecte, commissaire, producteur, menuisiers, peintres, électricien, personnes qui s'occupent du ménage, sans qui tout ceci n'existerait pas, et dont je décrirai le travail - nouvelle promesse! - et ferai le portrait un peu plus tard.




Le soir, après le vernissage.
Voici à quoi ressemble maintenant mon paysage sur les tables:


 



L'univers trop bien rangé, un peu despotique, que j'avais patiemment mis en place, a presque complètement disparu, pour laisser place à ce monde très vivant et riche, où la somme des différentes inspirations individuelles crée une atmosphère de réjouissante énergie collective.
Un visiteur, artiste passionnant, professeur aux Beaux-arts, m'apprend ceci: en thérapie jungienne on utilise ce que l'on appelle des "sand-tables", des tables à sable, sur lesquelles sont posées des objets que l'analysé est invité à manipuler - je vais m'intéresser à cela - mais déjà j'observe différemment les visiteurs, voyant celui-ci bâtir un édifice torturé, celle-là une calme maison.
Seule est restée inchangée mon installation de gommettes sur les murs. Sur les tables: le travail des visiteurs; au mur, une carte mentale, la mienne, très personnelle, comme une présence rassurante à côté de ce monde qui va sans cesse changer tout au long de l'exposition. Me vient à l'esprit ce calembour de fortune que je risque quand même et qu'excusera l'heure tardive: sur les tables, une sorte de Lego, aux murs, l'ego. A demain.
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13 février 2005 7 13 /02 /février /2005 00:00





Demain je commence à installer les petits modules sur les tables. Il y en a encore plein à poncer, notamment les petits ronds que j'ai découpés à la scie-cloche qui a pas mal déchiqueté le bois. Je profite d'un trajet en voiture sur l'autoroute pour en poncer une grande quantité (ce n'est pas moi qui conduit!).


Puis il me faut trier les petits bouts de bois, afin de les disposer comme une palette de couleurs, avant de commencer à en couvrir mes tables.



Et voici une sélection de mes vieux jeux de construction, que je conserve précieusement.









Et enfin une boîte de "Coloredo", qui n'est pas sans rapport avec mon livre "Cependant... le livre le plus court du monde", dont je parlais il y a quelques jours et dont je reparlerai un jour prochain.




Le vernissage est dans deux jours, et il y a encore un monceau de choses à faire. Ce sera donc tout pour aujourd'hui.
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12 février 2005 6 12 /02 /février /2005 00:00
Je retrouve en faisant le ménage dans mon ordinateur l'image qui m'a servi de "brouillon" pour la réalisation des murs de l'exposition.





Je travaille souvent ainsi: je prends une photo des lieux, et je dessine dessus avec ma palette graphique et un logiciel de dessin. Ceci, suivi de la réalisation d'une maquette en carton en trois dimensions, me permet en général de me faire une idée assez précise du projet, même s'il y a toujours mille paramètres imprévisibles qui donnent au projet éxécuté toute sa saveur: espace, présence, sons, toucher, odeurs même (du bois, de la peinture), éclairages.
 
Voici la maquette en 2D de la seconde salle de l'exposition.



C'était particulièrement difficile à simuler car je n'avais jamais vu cet espace totalement vide, et de plus l'exposition précédente était à la fois très construite et d'ambiance très sombre, malaisée à photographier.



J'y ai pris néanmoins quelques photos, que j'ai un peu retouchées pour les "vider", et y installer mon projet, virtuel encore à ce stade.
Voici une photo prise aujourd'hui à peu près du même point de vue.








Autre exemple de la proximité et du décalage tout à la fois entre une maquette et sa réalisation: la vitrine qui a servi à annoncer le début de l'exposition - une grande bâche blanche avait été installée, pour permettre de démonter l'exposition précédente, "Ecoute", et de monter la mienne, à l'abri des regards du public. Là, le décalage entre maquette et réalité est moins grand, sans doute parce que la réalisation est en deux dimensions, comme la maquette.





A demain, je vais essayer de jouer le jeu (j'aime bien jouer à des jeux, je reparlerai sans doute souvent de cela - et ce "blog" est pour moi comme un nouveau jeu, avec ses contraintes stimulantes): je vais essayer d'écrire tous les jours. Pour l'instant, cela ne m'inquiète pas trop; il me semble que j'ai encore pas mal de choses à vous dire!








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11 février 2005 5 11 /02 /février /2005 00:00
Longue, longue journée à nouveau, passée à coller sur les murs mes milliers de gommettes et de vignettes. Petit à petit Beaubourg se vide. Ca y est, tout le public est parti. Après la rumeur du jour, un calme incroyable. Aude et moi on s'arrête un instant pour dîner, car tout à l'heure nous attend encore tout cet ensemble d'images à poser, disposées ici sur la petite table

orange de l'entrée.











Au menu: raviolis chinois (les meilleurs de Paris - nous sommes fin connaisseurs - achetés à deux pas du Centre, rue au Maire) accompagnés d'une bouteille du meilleur blanc (du Saint-Véran) franchement méritée. Il y a tellement de tables dans l'espace en cours d'installation! Nous hésitons longuement avant de choisir la vert sombre.



Curieuse impression que de dîner ainsi dans ce vaste paquebot désert. Cela me rappelle les Marx Brothers aux grands magasins (mais j'essaierai de mieux me tenir qu'eux!). Justement, sur le mur quasiment fini - en voici un aperçu:



j'ai collé dans un coin cet incroyable juxtaposition du visage de Harpo et d'une gargouille de la cathédrale d'Autun, non loin de laquelle je passe pas mal de temps, dans mon atelier de campagne.




La ressemblance est troublante! C'est amusant d'essayer de toujours tout comparer, de faire des rapprochements inhabituels entre ce que l'on observe et ce que l'on conserve dans sa mémoire.
Je suis en train de lire, sur la recommandation de mon cher ami Alain Goulesque qui dirige l'école d'art de Blois, dont je reparlerai certainement sous peu car un projet m'y attend bientôt, le merveilleux livre de Jacques Rancière "le Maître ignorant", et je tombais tout à l'heure sur ces mots: "l'élève doit tout voir par lui-même, comparer sans cesse et toujours répondre à la triple question: que vois-tu? qu'en penses-tu? qu'en fais-tu? et ainsi à l'infini."
Sur ces bonnes paroles, je me couche.
A bientôt (à demain).


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10 février 2005 4 10 /02 /février /2005 00:00

Quinze mille choses à dire sur cette exposition, et sur sa préparation en cours. J’espère que je ne serai pas trop long. mais sans doute serai-je un peu plus abondant qu’hier: un peu plus qu’hier et un moins que demain!
Grosse journée - j’ai d’abord fini de ranger mes notes préparatoires pour l’exposition.
En voici deux pages encore, du tout début:

- la première esquisse de recherches de formes pour les tables



- et les premières recherches de formes sur le plan de la galerie



Voici, pour comparaison, le plan définitif de l’exposition



et la maquette



Après ces rangements, passé la journée à Beaubourg à dessiner sur les murs une sorte de grande carte géographique au moyen de gommettes que j’ai fabriquées en peignant de grandes feuiles à l’encre de Chine, avant de les contrecoller sur un double-face en rouleau puis de débiter l’ensemble en petits carrés de trois tailles différentes, 1,5cm, 2,5cm et 4 cm de côté. J’ai fait un «brouillon» en prenant le mur vide en photo, et en dessinant sur celle-ci à l’aide d’un logiciel de dessin.
Voici le mur vide



et le voici en cours d’habillage



Mais c’est loin d’être terminé! Il reste encore toutes ces gommettes à coller



puis il faudra encore placer sur le mur des tas de petites vignettes, avec des dessins, des photos, des petits animaux, des maisons, des bouts de carte routière, bref tout un petit univers de choses que j’aime. Ces vignettes sont préparées de la même manière, à l’aide de double-face.
Aude et Amandine se chargent de les découper



Les vignettes, en attente d’être collées, forment de jolis petits amoncellements sur la grande table rose


 

Ailleurs, sur les tables, attendent les lampes


 
Alain, magicien des lumières, a commencé à les accrocher au plafond.


 
En le voyant faire, je me rends compte que cette forme de lampe très simple, petit abat-jour conique vert, m’a toujours beaucoup plu et que j’en ai souvent dessiné, notamment dans certains de mes livres pour les enfants, comme ici dans l’Histoire de l’art




 
ou encore là, dans une des Aventures d’Archibald le koala («Le Secret du parfum chinois»), mais je pourrai multiplier les exemples.




Sans doute cette forme de lampe me plaît-elle car elle fait penser à des lampes de bibliothèque - et que j’adore les bibliothèques, où je crois que j'ai tout appris!
Mais on m’appelle pour régler des éclairages. Je continuerai tout à l’heure, ou plutôt demain.


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9 février 2005 3 09 /02 /février /2005 00:00
 (comme dirait Bergson)



ou:

pour se jeter à l’eau





Je commence ce soir le premier chapitre de ce blog - exercice très inhabituel: je prends depuis toujours beaucoup de notes, mais sous une forme incompréhensible, sans doute, sinon de moi seul, et constituées davantage d’images que de textes.
Je vais imaginer que j’écris des lettres à quelqu’un que j’aime, et à qui j’ai envie de livrer le détail de tous mes travaux en cours.
Sans doute y aura-t-il dans ce journal beaucoup de citations. Par exemple le titre de ce premier chapitre en comporte une. Je ne suis pas sûr de l’exactitude de ces citations, car elles seront le plus souvent faites de mémoire. La citation, c’est une excellent «prétexte» (ce qui vient avant le texte, ce qui amène le texte). Un auteur que j’aime plus que tous, Montaigne, et qui faisait grand usage de citations, s’en expliquait ainsi : «Je ne dis les autres que pour mieux me dire moi-même». Et j’ai lu récemment que Jacques Lasalle, un homme de théâtre que j’aime beaucoup aussi, dispensait son enseignement à partir de citations, qui lui servaient de tremplins pour développer sa propre pensée.








Quant aux deux images dont j’orne ce premier titre, elles sont extraites de mon livre «Cependant... le livre le plus court du monde», publié aux éditions du Seuil. Le feu et l’eau: j’aime les contrastes, j’en reparlerai plus tard. Il y a beaucoup de choses dont j’aimerais parler plus tard: les cartes géographiques, les auteurs que j’aime - Töpffer en particulier, la musique (j’écoute en écrivant cette première livraison un magnifique opéra de Mozart; la Clémence de Titus), le hasard, la promenade, la lecture...


J’aimerais aussi montrer beaucoup d’images d’artistes que j’aime, mais,malheureusement il y a un souci: on n’a pas le droit de montrer librement sur internet toutes les images que l’on trouve dans les livres (je vis entouré de livres, que j’ouvre, aux pages que j’aime, étalés sur de nombreuses tables, et je passe beaucoup de temps à faire ce que j’appelle familièrement «de la doc», c’est-à-dire à regarder attentivement les livres de ma bibliothèque). Alors je décrirai le mieux possible ce que je ne peux montrer, ou je le dessinerai parfois .




Mais pour aujourd’hui, j’aimerais parler un peu de la préparation de l’exposition «Jeu de construction», dont la mise en place touche à sa fin (le vernissage a lieu dans quelques jours). Je suis en train de ranger mon atelier, et notamment toutes les feuilles de notes qui constituent le dossier «Beaubourg», fort à ce jour de plusieurs centaines de pages. Le voici:



 
Chacun de mes projets est toujours accompagné d’un dossier comme celui-là. J’y note tout, de manière assez méthodique. Cela commence, en général,par des listes



classées par catégories: P pour «possibilités» (tout ce que je pourrais faire, et parmi quoi il s’agira de choisir), M pour «Méthode» et où je note des moyens possibles de choisir parmi les très nombreuses idées notées dans P (le problème du choix parmi les milliers d’idées possibles est toujours une torture: j’y reviendrai), C pour «Critères» (par exemple; «il faut que ce soit fabriqué rapidement: le vernissage est dans quinze jours», ou «essayer de se mettre à la place de X, qui me commande ce travail» ou encore «faire quelque chose que j’aurais envie d’acheter si je le voyais dans une exposition» etc. etc.) et enfin MOD pour «Modèles», où je liste les noms des gens que j’admire sur le moment et dont la compagnie m’encourage (des noms qui revienne souvent: Töpffer, mais aussi Dubuffet, Sterne, Munch, et des centaines d’autres). J’aime bien cette idée de vivre en compagnie d’espèces d’anges gardiens, comme les gens qui ont sur leur bureau ou sur leur mur le portrait d’un personnage qu’ils admirent. Mon père, qui est musicien, me disait souvent ceci, quand j’étais enfant, et qui m’est resté: «Quand j’ai terminé de composer un morceau, me disait-il, j’imagine que l’on frappe à la porte, et que c’est Bach en personne qui entre, et à qui je présente mon morceau nouvellement composé: oserais-je seulement le lui faire entendre?»
Après ces pages de listes, mon dossier comprend de très nombreuses pages où se mêlent notes écrites et dessins, dont voici un exemple:


 
ou encore celui-ci




J’arrête là pour aujourd’hui ces indiscrètes révélations, car il faut que ne me couche pas trop tard pour terminer d’installer demain les choses sur les murs de l’exposition. A demain.



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