Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Des questions ?

Bienvenue sur ce blog, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.

Grâce à ce blog, j'espère vous permettre de mieux comprendre mon travail, et surtout avoir la possibilité de dialoguer avec vous, et recueillir vos impressions.

Paul Cox

 

Ps : N'hésitez pas à laisser vos commentaires, ils seront validés au plus vite !

Bienvenue !

  • "Pourquoi je ne peux pas voir mon commentaire ?"

Les commentaires sur ce blog sont "modérés" : cela signifie qu'ils doivent être validés, et éventuellement modifiés avant d'être visibles. En effet, ce blog est accessible aux enfants, dans l'exposition : nous devons donc vérifier ce qui est publié !

  • "Pourquoi je ne peux pas suivre un lien internet ?"

Si vous êtes connecté au blog depuis la Galerie des enfants, vous ne pourrez pas surfer librement sur internet... Une seule solution pour profiter de tous les liens : revenir depuis un autre accès internet sur www.paulcox.centrepompidou.fr.

8 mai 2005 7 08 /05 /mai /2005 00:00
"J'aime les briques, et le contraste entre le poids de la brique et la légèreté de l'esprit est quelque chose qui m'intéresse".



Cette phrase est de Robert Filliou, qui parfois écrivait son nom avec trois L pour se donner plus de légèreté encore.

Pour ma part j'aime énormément les briques aussi. L'autre jour, dans un bureau du Centre Pompidou, j'ai vu un bel objet, oeuvre de l'excellent Claude Courtecuisse si je ne m'abuse, simple brique équipée d'une poignée, quelque chose comme ceci:



Sans doute est-ce mon goût pour les briques qui m'a soufflé mon amour des igloos, constructions d'autres sortes de briques blanches et froides:




(Cette image, déchiffrée selon le principe énoncé au chapitre 63, signifie: "Kiss me!").

Dans le même genre sentimental, et nourri d'un autre amour, celui pour les miroirs (comme j'aimerais construire un Palais des Glaces au Groenland!), j'ai réalisé il y a quelque temps avec Eric Seydoux cette sérigraphie sur miroir:



Dans le registre des briques toujours, j'avais imaginé avec Franck Bordas cette lithographie




dont je vous livre la brève histoire: c'était une réponse à une commande de deux lithographies. Dans un double souci d'efficacité et d'élégance, j'eus l'idée de ne concevoir qu'une seule image, imprimée une première fois à l'endroit et une seconde fois en miroir pivotée à 180° (ce sont les deux fenêtres à gauche et à droite de mon image) - celle de gauche s'intitule "A Room with a view" ("Chambre avec vue"), le trapèze vert y figurant un pot de fleur, et la forme blanche, au centre, un nuage aperçu depuis l'intérieur de la pièce; l'image de droite, "A view with a room", vue de l'extérieur, transforme le trapèze vert en lampe comme je les aime, et la forme blanche en reflet sur la vitre. Le commanditaire ne fut qu'à moitié content, soupçonnant la paresse là où j'avais beaucoup réfléchi. Pour le convaincre, j'ajoutai une troisième image, celle du centre, intitulée "Wallpaper", interface entre les deux volets latéraux.

La Hollande, évidemment, est le pays des briques, des ruptures d'échelles aussi, que j'affectionne, et des saules enfin:



Quelques mots encore sur Filliou, qui a publié un joli livre en brique, "Je meurs trop" (orné d'un bandeau signé Antonin Artaud qui signale "Une sensibilité unique au monde"), et qui a utilisé la brique dans nombre d'autres travaux, dont certains dédiés à Broodthaers, autre grand amateur de briques: il parlait à ce propos de "briquolage"! Et puis cette phrase de Filliou encore, qui rappelle celle de Klee que j'ai si souvent évoquée: "pour moi, généralement, ce sont les matériaux qui me donnent l'idée, pas l'idée qui me donne les matériaux. Le plus souvent ça vient de ce qui m'entoure et en l'utilisant un concept viendra". Enfin, à propos d'igloo et de miroirs, me viennent aussi à l'esprit les belles briques enveloppées de papier aluminium d'Ann-Veronica Janssens.

A propos de Hollande, Yu Matsuoka, dont j'ai vanté précédemment le beau travail, m'envoie d'Amsterdam la photographie de ce beau violon en céramique de Delft - le violon de Vermeer! (même fenêtre, sur le mur de gauche, que dans les tableaux du maître de Delft).



Peut-on en jouer? Ce violon paraît aussi improbable, en tout cas, que les objets en Delft de Wim Delvoye (sont-ce des scies circulaires? je ne sais plus - il faut que je vérifie) ou que ses cages de but en vitrail, ou encore que les pantalons en acier de Glen Baxter ou les châteaux en fonte des petites annonces d'Erik Satie.

"Violon d'Ingres" est le titre, je ne le savais pas (je le découvre à l'instant), de la fameuse photo de Man Ray montrant Kiki de Montparnasse nue, vue de dos, ornée de deux ouïes (c'est ainsi que l'on nomme les ouvertures serpentines du violon - le petit bout de bois, à l'intérieur, qui supporte l'incroyable tension des cordes, s'appellant, quant à lui, l'âme!).
Mes violons d'Ingres à moi, ce sont le travail, la lecture, le violon.
A propos de lecture, j'ai découvert hier avec joie que l'on vient de rééditer le texte d'Alexander Cozens que je citais dans mon Coxcodex, "Nouvelle méthode pour assister l'invention dans le dessin de compositions originales de paysages" (chez Allia), prônant l'accident des taches jetées au hasard, pour imaginer des paysages, plutôt que l'observation directe.



Le titre de la belle postface, signée Danielle Orhan, me plait évidemment: "L'Accident érigé en méthode"!

Cozens cite le célèbre passage de Vinci (mais en précisant qu'il a "la présomption de croire que (sa) méthode constitue un progrès par rapport à l'idée de Léonard de Vinci) : "si tu regardes des murs souillés de taches, ou faits de pierres de toute espèce, pour imaginer quelque scène, tu peux y voir l'analogie de paysages au décor de montagnes, de rivières, de rochers, d'arbres, de plaines, de larges vallées et de collines disposées de façon variée. Tu pourras y voir aussi des batailles et des figures au mouvement rapide, d'étranges visages et costumes et une infinité de choses que tu pourras ramener à une forme nette et complète".
L'autre jour, me promenant à la campagne, j'ai vu dans une pile de bois un de ces "étranges visages":



qui semble tout droit sorti d'une feuille de caricatures de Vinci.

Je ne quitte plus le minuscule appareil numérique trouvé au Japon et qui encombre à peine ma poche. Dans la même poche, un autre compagnon permanent, un carnet, me force, comme le premier, à ne jamais relâcher mon attention. Mes carnets , en fin de journée, ressemblent à ceci:



J'y note vraiment tout ce qui me passe par ma tête, même les idées les plus incongrues ou inutiles, comme par exemple cette idée de logo pour une maison de production de films de mousquetaires, dont je me demande bien d'où elle m'est venue, étant donné que je ne regarde jamais ce genre de films, pour lesquels je n'ai pas le moindre goût:




Comme ces idées me viennent le plus souvent en me promenant ou en me déplaçant à vélo, il me semble opportun de montrer celle-ci venue, précisément, à vélo:




De temps en temps, je trie ces notes, les découpe et les colle sur des feuilles plus grandes méthodiquement classées dans des dossiers eux-mêmes triés par genres. Cela ressemble alors à ceci:




Mais je dois avouer que cette masse énorme de notes, souvent, du reste, difficile à relire, est d'une consultation tellement malaisée que je ne m'y replonge pas fréquemment. Je reste toutefois convaincu que le seul fait de s'arrêter un instant à une idée pour la noter l'imprime dans la mémoire plus efficacement que si on la regardait simplement passer.

Alain vient de me ramener les livres que j'avais prêtés aux enfants pour la documentation de leur classe-chantier. Ils y ont laissé par inadvertance quelques dessins que je reproduis ici, à côté des reproductions qui les ont inspirés: on reconnaît un architectone de Malévitch



une architecture de Shigeru Ban




le fauteuil de Rietveld




le même, accompagné d'une structure de Frederik Kiesler.




Enfin, pour conclure, cette belle architecture du jour, photographiée de l'intérieur:




A demain.





Partager cet article

Repost 0
Published by Cox - dans paulcox
commenter cet article

commentaires

camille 24/02/2006 08:37

ba c'est beau