Vendredi 6 mai 2005
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Les premiers labyrinthes, m'apprend mon dictionnaire des symboles, étaient en spirale: je n'y échapperai donc pas!, et souvent vides en leur centre, de sorte que leur coeur était à la fois plénitude et vide (le vide et le plein d'hier!), conjonction des opposés, ce qui m'autorise à commencer cette fois-ci par la conclusion: aujourd'hui, dans l'exposition, ce somptueux dédale de couleurs.Rentré à la maison, j'en teste différentes échelles en collant sur mes photos mon sempiternel bonhomme vu de dos.
A vrai dire, et aussi incroyable que cela puisse paraître, je ne m'étais jamais rendu compte avant hier, et avant cette citation de Nabokov, que spirales et hélices avaient partie liées. Pourtant j'ai dessiné et peint des centaines d'hélices, mais sans jamais établir de lien avec mes centaines de dessins de spirales!
J'ai même utilisé la forme de l'hélice comme première lettre de l'alphabet dans mon livre "Animaux", dont voici la couverture de la version américaine:
La dernière lettre, le Z, emprunte une autre forme qui m'est chère, celle du pont:
Voici un autre exemple d'hélice, un ancien tableau
où je retrouve beaucoup d'autres thèmes qui me sont toujours chers: la sauterelle, la boussole, la mappemonde, la rivière serpentine, les ponts, la musique (le grand disque au premier plan), les papillons - le papillon reprenant ici la forme de la double hélice. J'ai peint beaucoup de papillons, en voici quelques autres:
Je me souviens d'une belle exposition Léger, à Bâle, il y a une dizaine d'années, qui m'avait beaucoup marqué, non seulement parce que Léger peignait des constructeurs, mais aussi, entre autres, parce que le catalogue comprenait un article intitulé "L'Hélice et l'avant-garde. Léger-Duchamp-Brancusi" qui avait encore accru mon goût pour cette belle forme symétrique-dynamique (il faudrait que je retrouve la trace de cette notion de "symétrie dynamique" avancée, je crois, par Mondrian). L'article cite l'anecdote selon laquelle Duchamp, visitant en compagnie de Brancusi et de Léger un salon de l'aviation, s'était écrié: "C'est fini la peinture. Qui ferait mieux que cette hélice? (et à Brancusi) Dis, tu peux faire ça?".Brancusi m'amène à Noguchi, qui fut son apprenti, et à qui j'ai déjà pensé aujourd'hui car j'ai commencé sérieusement à travailler au décor de Casse-Noisette (et Noguchi fait partie de mes références en matière de scénographie). Comme je n'ai pas encore grand-chose de très présentable pour l'instant concernant ce nouveau chantier, je vous montre ces différentes étapes d'un précédent travail de décor, pour "L'Histoire du soldat" de Stravinsky à l'opéra de Nancy.
Successivement: la première esquisse, la maquette, la réalisation en grand.J'avais accompagné ce travail d'une sorte de story-board ajouté à la partition:
Et me revoilà à la spirale! En effet, j'avais conçu un tour de piste non pas circulaire et fermé (le spectacle avait été monté sous chapiteau, pour rester fidèle à l'intention foraine de Ramuz et Stravinsky) mais spiralé et ouvert, se déroulant vers la gauche (j'avais lu que c'était là un des attributs du diable). Le chemin ainsi créé servait d'entrée en scène pour les acteurs. J'ai repris ce motif pour l'affiche du spectacle
où j'ai mis en rapport la spirale avec le cercle d'une horloge, le temps qui passe étant l'un des thèmes centraux de cette fable.Je concluerai une seconde fois, dans le souci de boucler ma boucle, avec une architecture du jour, cette jolie petite maison
que je serais tenté d'intituler "Mon Rêve", sans doute parce qu'il est maintenant fort tard et que j'ai envie d'aller vite me coucher.A demain.
Par Cox
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Publié dans : paulcox
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