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Des questions ?

Bienvenue sur ce blog, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.

Grâce à ce blog, j'espère vous permettre de mieux comprendre mon travail, et surtout avoir la possibilité de dialoguer avec vous, et recueillir vos impressions.

Paul Cox

 

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1 mai 2005 7 01 /05 /mai /2005 00:00
" - Peu importe quel chemin vous prendrez, déclara le Chat.
- ... pourvu que j'arrive quelque part", ajouta, en manière d'explication, Alice".



La classe-chantier qui s'est terminée hier - du moins pour ce qui concerne sa phase "construction" - a conduit à un résultat que nous ne soupçonnions pas au moment de commencer l'aventure il y a cinq jours: les enfants, qui avaient d'abord projeté, au stade de la maquette, de construire des édifices individuels (une gare, un "château de la table montante", un magasin, un toboggan...) regroupés en une sorte de ville proliférante, ont abandonné ces idées, ou les ont oubliées, au moment de passer à la réalisation en grand. N'importait plus alors que la nécessité que "ça tienne". Les idées se sont adaptées, en les simplifiant, aux contraintes du matériau. Une réunion de mi-chantier a permis de décider collectivement de la destination de la structure ainsi advenue. Les enfants ont en majorité évoqué l'évidence d'un labyrinthe et d'une classe. Il fut donc décidé de s'orienter vers une classe-labyrinthe.

De mon côté, j'avais imaginé, voyant le dédale se construire, que l'on pourrait en faire une sorte de cerveau ou de représentation de la pensée, avec ses diverticules, ses circulations multiples, ses raccourcis, ses points de vue changeants, ses paradoxes. L'idée de la classe-labyrinthe, venue spontanément des enfants, n'était donc pas pour me déplaire.
L'admirable maîtresse, quant à elle, à exprimé le souhait de tenter de faire classe dans ce nouveau dispositif. La construction terminée, elle est revenue nuitamment pour équiper les différents espaces d'un astucieux jeu de piste plein d'instructives consignes. On les aperçoit ici et là:



Samedi matin, une classe d'un nouveau genre s'est donc tenue dans nos murs à claire-voie, et l'expérience sera renouvelée lundi et mardi encore, avant démontage du jeu de construction en milieu de semaine.

Pour ce qui me concerne, j'ai vécu la semaine au jour le jour, attentif le plus possible à ce qui arrivait, exactement comme lorsque je peins ou dessine dans le calme de mon atelier, découvrant le travail en train de se construire de l'intérieur; la différence, c'est que nous étions plusieurs, cette semaine, à avancer ainsi, prenant joyeusement le risque de se tromper peut-être, comme dans tout jeu (le français n'ayant qu'un mot, et c'est très bien ainsi, pour "play" et "gamble").
Voici, dans un des petits espaces, quelques livres que j'avais choisis dans ma bibliothèque et qui ont permis aux enfants de vérifier que d'autres avant eux, et non des moindres, étaient arrivés à des solutions comparables à partir de vocabulaires similaires:



Certaines reproductions de ces livres ont été photocopiées, parfois coloriées, et accrochées aux murs (on reconnaît ici, si je ne m'abuse, un circuit en modules de béton de Julian Opie).

Nous avons pris énormément de photos, les enfants aussi, car il faut dire que le résultat est assez photogénique; c'est un régal pour qui a le goût des cadrages:



Voici, pour le plaisir, encore deux vues générales:




Les boules suspendues au-dessus de l'unique table conservée sont, d'après les enfants, des cerveaux qui inspirent des idées par simple contact avec la tête de la personne assise.
Deux rideaux à lanières ont été utilisés:




Ils me rappellent certains de mes tableaux de la série "Poggendorff" dont je parlais il y a quelques jours:




Samedi matin, après la classe, la construction a été ouverte aux visiteurs: aux autres classes d'abord, puis aux parents. Une jolie invitation a été imprimée à cet effet:




Hélas, tout a une fin!




Dans le même carnet, cette page,




relevé technique d'une paroi - ou plan? - me rappelle certaines pages de mes propres carnets:




Le travail de cette semaine m'a apporté, de plus, des idées pour les deux chantiers que je vais mettre en route dès aujourd'hui: le décor pour Casse-Noisette, et la construction d'une structure démontable et adaptable pour abriter des expositions et des ateliers. C'est de cela que je vous parlerai sûrement dans les jours à venir.

Mais avant tout, un peu de repos: promenade dans les collines, avec une pause pour finir "Oreiller d'herbe" de Natsume Sôseki et faire comme son narrateur: "Seul, avec un trépied et une boîte de peinture à la main, j'avance lentement sur un sentier de montagne, au printemps. Je souhaite (...) me promener et errer, ne fût-ce qu'un instant, dans l'univers impassible. C'est une ivresse".
Mais en conclusion, retour à la ville un bref instant:



dans cette petite rue de Blois aux fils si entremêlés qu'elle me rappelle certaines ruelles de Tokyo.

Et dans la même rue, cette paradoxale enseigne:



A demain.


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Published by Cox - dans paulcox
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commentaires

La Juvéniste 03/05/2005 04:46

Intéressant ce glissement des enfants vers l'idée d'une "classe-labyrinthe". Une belle métaphore du mouvement -parfois linéaire, parfois erratique - généré par le désir d'apprendre. Et cette institutrice qui, dans le secret de la nuit, installe un jeu de piste, un fil... Ne s'appellerait-elle pas Ariane, par hasard?

maîtresse de CE1 01/05/2005 20:54

Pendant une semaine, j'ai pu entrevoir des petits lutins casqués traverser, le sourire aux lèvres, la cour de l'école.
Samedi à midi, j'ai découvert une classe revisitée et repensée : une classe magique !
Bravo et merci à tous les petits ouvriers et à leurs maîtres d'oeuvres !