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Des questions ?

Bienvenue sur ce blog, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.

Grâce à ce blog, j'espère vous permettre de mieux comprendre mon travail, et surtout avoir la possibilité de dialoguer avec vous, et recueillir vos impressions.

Paul Cox

 

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14 avril 2005 4 14 /04 /avril /2005 00:00
Voici mon atelier à peu près rangé.



J'ai pris tant de retard pour les chantiers suivants (la "classe-chantier", le décor de Casse-Noisette, dont je vous reparlerai lorsqu'ils seront en cours, une couverture de magazine, des monceaux de courrier...)




que j'aimerais avoir non seulement plusieurs paires d'yeux (l'heureux homme doté de double-vue que voici partage sa vitrine avec le triste sire d'hier au musée d'art populaire de Séoul) mais aussi plusieurs paires de bras




mais alors il me faudrait ausssi un cerveau plus grand, comme en semble doté ce curieux personnage, japonais celui-là:




Je pourrais alors accomplir mille fois plus de choses, mon temps s'en trouverait comme multiplié - "mon temps"... mais que me prend-il? Quelle présomption dans ce possessif accolé à ce qui est à tous, ou bien plutôt, si l'on en croit le Chapelier fou d'Alice, "le Temps n'est ni à vous, ni à moi. Le Temps n'est à personne".

Le visage aux quatre yeux me rappelle une image que j'avais dessinée pour une exposition de l'excellente revue "The Ganzfeld"



(le mot "Ganzfeld" - "champ entier" - fait référence à une notion de parapsychologie dont j'ignore presque tout sauf cette définition trouvée à l'instant sur le net: "Le ganzfeld (champ sensoriel uniforme) est un protocole d'induction d'un état hypnagogique pour les expériences de télépathie", mais qui a ma sympathie car j'ai toujours pensé que la télépathie était un moyen de communication très amusant et commode). Bref je voulais montrer par ces trois yeux (et peut-être y en a-t-il un quatrième derrière sa tête) que ce personnage pouvait scruter simultanément les différents recoins d'un vaste champ. Quant aux anagrammes dont j'ai orné l'affiche, elles jouaient sur le mot "Unbound" (non relié, défait), l'exposition montrant aux murs des oeuvres d'artistes ayant oeuvré précédemment dans les pages de la revue.

J'ai trouvé plus tard une image assez similaire dans "L'Art de la mémoire" de Frances Yates,



livre de chevet de Dubuffet dont les livres sont les miens (de chevet) - syntaxe étrange, mais dont je tente tout de même l'audace.

Voici une autre image encore, une affiche que j'avais réalisée pour le beau film de Jeremy Podeswa, "Les Cinq sens", qui traite de synesthésie.



A propos des cinq sens, ce serait joli, me semble-t-il, en fonction du degré d'intimité que l'on a avec ses correspondants, de terminer ses lettres non par un simple "au revoir", mais par un "au réentendre", "au retoucher", "au resentir", "au regoûter".

Dans la revue The Ganzfeld j'avais publié cette histoire en trichromie dont les sept images sont les différentes combinaisons possibles des trois couches (cyan, magenta, jaune) d'une seule et même image. C'était au départ un travail de commande - il s'agissait d'illustrer en sept images un article sur la couleur - lorsque j'ai proposé cette image unique décomposée en ses sept avatars, le commanditaire a été de prime abord un peu circonspect, soupçonnant l'arnaque, avant d'être content du résultat!



Cette livraison est une nouvelle fois faite de bric et de broc, comme l'ensemble de ce blog d'ailleurs (de blig et de blog). J'espère qu'au fil des jours ces fragments prendront une forme amusante pour le lecteur, comme une sorte de grand jeu de construction.

A propos d'Alice encore, ceci, où Lewis carroll livre sa méthode: "Chacune de mes idées (...) naquit d'elle-même. Parfois une idée surgit au cours de la nuit, et il faut alors me lever et faire de la lumière pour pouvoir la noter, parfois elle surgit tandis que je me promène, solitaire, sur la lande, et il me faut alors m'arrêter et, les doigts presque gourds, noter quelques mots qui permettront à l'idée nouveau-née de ne pas périr; mais quelles que soient les circonstances de sa naissance, elle naît spontanément. Je suis incapable de mettre l'invention en marche, comme une horloge, en la remontant de façon délibérée (...). Alice et De l'autre côté du miroir sont faits presque totalement de pièces et de morceaux, d'idées isolées nées spontanément".
Apologie du fragment, donc, à l'instar de Novalis - quel nom curieux, pour un auteur qui vécut bien avant Alice, sauf à appliquer le temps à rebours de la Traversée du miroir!
Pour conclure, en guise d'architectures du jour, ces beaux caractères chinois écrits avec des briques.



A demain.


PS:
Intramuros, suite.
Juste avant mon départ pour le Japon, j'étais un peu inquiet, sans nouvelles de la revue de design à laquelle j'avais envoyé mon projet de couverture:



Ne l'aimaient-ils pas?

Ouf! Coup de téléphone au moment de fermer mon sac: c'est bon, la couverture plaît. Invité à me justifier sur le choix de l'image représentant Le Renard et la cigogne, j'improvise ceci: on entend souvent dire que les gens ne savent pas exactement ce qu'est le design, qu'ils en ont une idée floue - or avec cette fable de La Fontaine, qui traite d'un vrai problème de design et de fonctionnalité, tous les petits Français, depuis des générations, portent dans leur culture une sensibilisation précoce au design. Bien sûr, c'est là typiquement le genre de raisonnement que l'on fait après-coup, l'image une fois faite ("deinde philosophari" dit l'adage antique) - Klee une nouvelle fois! ("ce que je fais m'apprend ce que je cherche") - de la même façon que l'on vit d'abord, et que l'on comprend sa vie après, me semble-t-il, et non l'inverse.


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commentaires

Vivian Altman 14/04/2005 15:05

Excuse- moi si ce commentaire n’a rien à voir avec le contenu proprement dit (quoi que).
Je commence à m’habituer à mes visites quotidiennes dans ce jardin, où milles plantes poussent tous les jours et tout en coup je me suis demandé que arrivera-t-il quand votre exposition sera finie au Beaubourg… allez vous continuer à cultiver ce riche potager ?
En tout cas, merci de ce généreux partage