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Des questions ?

Bienvenue sur ce blog, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.

Grâce à ce blog, j'espère vous permettre de mieux comprendre mon travail, et surtout avoir la possibilité de dialoguer avec vous, et recueillir vos impressions.

Paul Cox

 

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7 avril 2005 4 07 /04 /avril /2005 00:00
"Sumimasen", comme on dit au Japon! - excusez-moi pour ces quelques jours de silence - j'étais toute cette semaine loin de toute connection possible, donc de pouvoir continuer mon journal. Or me revoici à Tokyo, dans un hôtel équipé de ce dont j'ai besoin, alors je me permets de livrer ici ce que j'avais préparé dans l'avion à l'aller, et dès demain (si l'hôtel de demain le permet - je serai à Séoul), je reprendrai mes comptes-rendus quotidiens.

1er avril. Dans l'avion pour Tokyo. Une pensée pour Alice (dans la belle traduction de Parisot): "Le poisson d'avril est cuisinier de son état et sait faire d'excellentes farces".



Arrivé au Japon on m'offre un livre emballé dans un joli paquet jaune portant l'effigie de ce lapin peintre - j'ignore de quoi il s'agit: on me promet de me donner sous peu une explication. je vous la transmettrai si elle est amusante.




Paris vu du hublot au moment du décollage me rappelle les minutieuses proliférations de Sarah Sze que j'aime beaucoup, faites de milliers de modules répétés, petits objets trouvés (cotons-tiges, pushpins, faux végétaux en plastique) ou plus grands (échelles en aluminium), chaos organisés qui m'ont beaucoup inspiré au moment de concevoir l'exposition "Jeu de construction" (j'aime beaucoup aussi, dans la même famille, les installations de Jason Rhoades et de Tomoko Takahashi).




Je ne peux reproduire ici une oeuvre de Sarah Sze. Il y a de belles photos dans le catalogue de l'exposition qui s'est tenue il y a quelques années à la Fondation Cartier, notamment, si je me rappelle bien le titre, une très grande pièce intitulée "Everything that rises must converge" ("Tout ce qui s'élève converge nécessairement").
Ce joli titre est emprunté à un livre de Flannery O'Connor. A ce propos, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer ici cette curiosité d'édition - il s'agit d'une traduction française de la correspondance de Flannery O'Connor, "L'Habitude d'être", au dos imprimé de cette savoureuse coquille: "L'Habiture d'être"



ce qui n'est pas sans pertinence avec le propos de l'auteur, avide de goûter jusqu'à l'ivresse le moindre charme de l'existence, en proportion inverse de sa vie de souffrance.

Enfin, à propos des chaos organisés de Sarah Sze, de Jason Rhoades ou de Tomoko Takahashi, me vient à l'esprit cette jolie définition du chaos selon Woody Allen: imaginons que par un improbable hasard l'humanité entière ait le même soir la même idée d'aller dîner dans le même petit restaurant de Manhattan!
Et dans le même genre d'idée (concentrer en un lieu ou en une vue de l'esprit des activités normalement et heureusement éparses dans le temps et dans l'espace) j'ai songé à ceci, somnolant dans mon fauteuil d'avion, l'imagination décuplée par la hauteur de vue que me conférait ma position dans le ciel: on peut considérer qu'à chaque instant, quelque part, quelqu'un rit, pleure, meurt, naît, proute ou jouit, ce depuis la nuit des temps jusqu'à la fin des temps; or si l'on s'imagine pouvoir disposer de lunettes qui n'offriraient que la perception d'une seule de ces activités à l'exclusion de toutes les autres (un peu comme un appareil optique qui ne laisserait voir que le vert, ou comme le résultat similaire obtenu par une sélection "baguette magique" en Photoshop) on pourrait alors regarder l'histoire entière de l'humanité depuis ce point de vue réduit certes mais amusant: un rire, un pleur, une mort, une naissance, un pet ou une jouissance ininterrompus depuis toujours et pour toujours.
Je m'arrête là. L'altitude me rend idiot. Je vais lire pendant le restant du voyage. J'ai amené Borgès en Pléiade, par souci d'un rapport avantageux encombrement-contenu, et aussi le remarquable petit livre de Herrigel "Zen in the art of archery" (il en existe une traduction française qui porte le titre, je crois, de "Zen et l'art chevaleresque du tir à l'arc").
Et voici, pour conclure, l'architecture du jour (c'est la vue de ma chambre d'hôtel, arrivé à Tokyo):



A demain.




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Published by Paul Cox - dans paulcox
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lucie charrier 07/04/2005 23:59

Bonjour Paul Cox,
C'est étrange de pouvoir vous écrire...je suis étudiante, plus pour longtemps c'est ma dernière année, mes derniers mois, et je les consacre à la rédaction d'un mémoire sur les livres d'artistes pour les enfants. Vous faites partie de mon corpus, j'ai choisi de parler de Ces nains portent quoi???????. Au fur et à mesure de ce blog, je me rends compte à quel point vous illustrez mes propos, et j'emprunte une phrase d'Elzbieta 'L'artiste et l'enfant habitent le même pays'.
Et pourtant j'ai du mal à vous décrire, à retranscrire par des mots ce rapport privilégié que vous avez avec l'enfance, cet esprit d'enfance qui vous caractérise si bien. Je vais la semaine prochaine voir votre exposition à la Galerie des enfants et j'ai hâte, je trépigne, comme avant, quand j'étais petite, comme le jour de mes sept ans avant d'aller au pestacle, comme les nuits de noël,...vous faites partie de toutes ces choses qui réveillent en nous une sorte de Peter Pan, un sentiment étrange qui ne fuit pas, jamais je l'espère.
Merci pour tout ça,

Lucie

p.s: j'aime bien l'idée de pouvoir cocher "se souvenir de moi", c'est assez narcissique, c'est vrai, je préfère cocher, on ne sait jamais, si jamais personne ne se souvenait de moi...je le coche pour y croire, pour l'instant de gloire, pour activer votre mémoire, pour voir si c'est vrai, pour laisser une trace; parce que c'est sûrement la seule fois où l'on me posera la question: alors je réponds oui, je coche, oui je veux qu'on se souvienne de moi...