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Des questions ?

Bienvenue sur ce blog, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.

Grâce à ce blog, j'espère vous permettre de mieux comprendre mon travail, et surtout avoir la possibilité de dialoguer avec vous, et recueillir vos impressions.

Paul Cox

 

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15 mars 2005 2 15 /03 /mars /2005 00:00
Parfois un travail tout juste terminé m'inspire une sorte de léger malaise - comme une gêne physique à le regarder, mais qui ne me pousse pas pour autant à le rejeter tout de suite. C'est parfois le signe que je suis trop fatigué, ou que la nouveauté du travail achevé impose que l'on prenne du temps pour s'y habituer.
L'affiche pour Prague, sur laquelle j'ai travaillé hier, a produit sur moi cet effet. Je l'ai imprimée en taille réelle sur plusieurs feuillets A4 laborieusement collés ensemble puis punaisés dans l'atelier.



Cela m'a trotté dans la tête au moment de m'endormir.

En rêvant m'est venue une autre idée, que j'ai été très impatient de réaliser au réveil.
Puisqu'en lithographie (je rappelle qu'il s'agit d'une affiche pour un atelier de lithographe) on imprime souvent en trichromie (moi, du moins), et que les combinaisons des trois couleurs primaires sont au nombre de sept (cyan, magenta, jaune, cyan + magenta, cyan + jaune, magenta + jaune, cyan + magenta + jaune): pourquoi, me suis-je dit, ne pas utiliser une image en rapport avec ce chiffre - les sept nains par exemple?
Lorsqu'en petit-déjeunant mon regard a croisé celui de ce vieux nain de jardin relégué au fil des ans derrière les pots de chutney et autres condiments, je n'ai plus hésité une seconde, tant je trouvais le sien implorant.



(ce qu'il y a de curieux, c'est que l'image précédente, le monogramme FB que je montrais hier, m'était elle aussi venue en rêve).

J'ai, par acquit de conscience, passé quelque temps à consulter mes dictionnaires de synonymes et de symboles qui me quittent rarement et qui sont d'utiles assistants pour trouver des idées. J'ai regardé à "sept" pour trouver une éventuelle autre piste - mais rien ne me semblait valoir le petit être à la brouette.
Voici donc ma nouvelle volée d'essais:



Mais une fois collés et accrochés comme hier dans l'atelier, j'ai un doute: la version précédente n'est-elle pas mieux? Pas de précipitation, je verrai demain matin.

Je pense que la plus grande difficulté, c'est de savoir prendre le temps de regarder le travail achevé, de ne jamais le juger trop précipitamment, surtout s'il paraît, au premier regard, un peu étrange. C'est parfois le signe qu'il est intéressant.
J'ai lu récemment le livre de Anton Ehrenzweig "L'Ordre caché de l'art" (où il est beaucoup question aussi de règles du jeu, de modulor etc., j'y reviendrai) qui dit entre autres, décrivant le moment de l'oeuvre fraîchement terminée, que "l'artiste lui-même se trouve alors dans la position du spectateur avec, devant les yeux, le chaos de l'art nouvellement créé. Il est souvent sujet au même doute, à d'éventuels contresens et à une impulsion aveugle de destruction" (il ajoute, un peu plus loin, "c'est pourquoi l'enseignement artistique doit se faire un devoir de venir en aide à l'étudiant au moment où il doute de lui-même et résiste à comprendre sa propre oeuvre").


......................................


Une heure plus tard.
La première version est mieux, j'en suis quasiment sûr maintenant. Cette histoire de nains de jardin me semble avoir été une classique tentative supplémentaire vers le compliqué; je ferai le choix définitif demain au réveil. Mais si alors mon goût de ce soir se confirme, ce sera un nouvel exemple de ces détours nombreux que je fais presque toujours vers des solutions de plus en plus chargées pour revenir, finalement, à l'idée simple de départ - voici en effet le tout premier croquis noté au moment où j'ai commencé à réfléchir à cette affiche:







Avant de m'arrêter, je vous montre encore cette arbitraire antiquité:




qui n'a d'autre vertu que de servir d'introduction à ce qui suit, dernière évocation, c'est promis, de notre héros favori:








Et voici la délicate architecture du jour.




A demain.




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Published by Paul Cox - dans paulcox
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commentaires

mathis bois 20/03/2005 15:40

Paul cox a fait de très belle choses comme son livre sans sa fin

Maé BOIS 20/03/2005 15:25

J'ai bien aimé l'idée et je trouve sa utile que dans un ateliers on puise aussi s'amuser

Thomas Bijon 17/03/2005 11:33

Bravo Paul, c'est une iniciative très interressante que ce blog qui nous fait rentrer dans le quotidien d'un artiste.Ce quotidien trouve d'autant plus d'intêret pour moi qui suit un jeune artiste autodidacte qui a force de travail a pût se construire un savoir faire technique, à force de lectures, des connaissance théorique mais qui, isolé, peine à trouver ses repères dans le quotidien artistique : comment gérer ses doutes et ses envies, comment aborder les questions pratiques telles que la préparation de l'acrochage...Votre blog me permet d'avoir un point de repère, d'y trouver des des situations connues (le regard sur l'oeuvre une fois finie, le rôle des rêves...) si ce n'est des réponses. Bref, il me permet, sans doute ainsi qu'à d'autres jeunes artistes en devenir, de bénéficier, même si ce n'est que virtuellement, des effets d'une communauté artistique et ce malgrès mon isolement.Merci pour cela.Thomas Bijonwww.tomb-photo.com