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Des questions ?

Bienvenue sur ce blog, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.

Grâce à ce blog, j'espère vous permettre de mieux comprendre mon travail, et surtout avoir la possibilité de dialoguer avec vous, et recueillir vos impressions.

Paul Cox

 

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9 mars 2005 3 09 /03 /mars /2005 00:00



Ce matin, devant des élèves de seconde, j'ai parlé de mon travail, à l'invitation de Flore, qui souhaitait que nous évoquions la définition de l'art - la mienne en particulier. Comme je le laissais entendre hier, je n'ai pas une idée très précise sur la question. J'ai néanmoins sérieusement préparé ma prestation, jugeant l'affaire trop sérieuse pour m'en remettre à la seule improvisation. Comme toujours, j'ai commencé par noter mes idées en vrac sur mon carnet, puis j'en ai découpé les feuilles en languettes que j'ai déplacées et redéplacées sur mon bureau jusqu'à l'obtention d'une construction à peu près agréable, que j'ai alors collée sur de nouvelles feuilles. J'ai apporté ces dernières à l'école pour me servir de guide.




Evidemment, comme toujours, dès les premiers mots prononcés, je me suis vite écarté de ce plan, qui ne m'a donc servi à rien sur-le-champ, mais qui m'avait aidé, la veille, à mettre mes idées au clair.

Outre ce plan, j'avais amené sur mon vélo, chargé comme un pauvre âne, de quoi étayer mon exposé de quelques preuves visuelles.



Mais mon vélo ne permettant pas le transport d'oeuvres très nombreuses, et ne disposant pas sur place du moyen d'en projeter, j'ai tenté de décrire tant bien que mal ce que je ne pouvais montrer, songeant, pour me donner du coeur à l'ouvrage, à mon cher Moholy-Nagy dictant par téléphone son tableau à l'entreprise chargée de le fabriquer.
Quant à la définition souhaitée, ce fut plutôt une mosaïque de nombreuses citations, celle de Schwitters, donc, citée hier, à propos du mot Merz qui "aura dorénavant le sens que je lui donnerai au fur et à mesure", celle, si jolie, de Robert Filliou, selon qui "l'art, c'est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art", et enfin la mienne: "un peu plus qu'hier, un peu moins que demain".
La classe dans laquelle je me trouvais



me rappelait fortement celle-ci, dessinée dans mon livre "Cependant... (le livre le plus court du monde)"




(image où je retrouve une nouvelle fois ces petites lampes vertes, véritable obsession!, semblables à celles qui éclairent l'exposition).

L'aspect point de croix, utilisé pour ce livre, dont je reparlerai plus longuement une autre fois, est sûrement un souvenir des livres-collages de ma grand-mère, remplis de reproductions de broderies:



Et un mot, puisque je parle d'influence, de cette image, montrée hier:



Je me souviens qu'à l'époque où j'ai fait ce livre je lisais beaucoup de choses sur l'art graphique japonais et que pour cette image je m'étais directement inspiré de la technique de représentation perspective dite "du toit éclaté", quelque chose comme ceci:

 

(je n'ai pas trouvé exactement l'image que je voulais, mais il s'agit d'un procédé de ce genre, permettant de montrer, de l'extérieur, l'intérieur d'une maison en en ôtant une paroi).

L'art japonais a aussi nourri mon goût pour les stries:



(là non plus, je ne trouve pas précisément l'image que j'avais en tête, la maison est trop en désordre!, mais ce détail est tout de même bien beau - il s'agit de Hiroshige). Et voici quelques stries tirées de mon livre "Histoire de l'art":




J'y ai trouvé aussi encouragement pour mon amour des dégradés




Voici un tableau assez récent, assez grand, peint au pistolet:




Et enfin j'y ai trouvé mon goût pour les nuages positifs-négatifs




comme ceux-ci, dessinés dans mon "Histoire de l'art" également:




Et puisque cette dernière image fait référence, dans sa légende, à l'Egypte, et que dans ces lignes il est souvent question de codes et d'alphabets (les hiéroglyphes ne sont pas loin), j'en profite pour vous donner des nouvelles de l'attachant héros avec lequel nous avons fait connaissance avant-hier:




Je vous avais promis ce jour-là de vous donner le résultat de la traduction automatique du sonnet de Shakespeare, la voici:


Will I compare to you with the day of summer?
You are more tender and much more moderate:
Winds violent one shake the dear buttons of May
And the lease of the summer is too close to the term;

Sometimes too hot the eye of the sky is brilliant,
Often tarnished its gilded complexing,
Any beauty sometimes decreases by beauty,
By chance, or damaged with the changing course of nature;

But your eternal will not fade be,
Nor will lose possession of this beautiful which you have,
And will not praise the death which you wander among his shade, When in eternal rhymes through time you grow;

As long as the men will breathe and as long as the eyes will see, Also a long time this will live, this will give life to you.

Et voici, pour comparaison, le texte de Shakespeare:

Shall I compare thee to a summer's day?
Thou art more lovely and more temperate.
Rough winds do shake the darling buds of May,
And summer's lease hath all too short a date.
Sometime too hot the eye of heaven shines,
And often is his gold complexion dimm'd;
And every fair from fair sometime declines,
By chance or nature's changing course untrimm'd;
But thy eternal summer shall not fade
Nor lose possession of that fair thou ow'st;
Nor shall Death brag thou wander'st in his shade,
When in eternal lines to time thou grow'st:
So long as men can breathe or eyes can see,
So long lives this, and this gives life to thee.

On peut donc observer que contre toute attente la machine à traduire est plus à l'aise dans Shakespeare que dans la langue courante d'aujourd'hui, car je trouve cette dernière proposition beaucoup moins calamiteuse et nettement plus poétique que celles de l'autre jour.
Un mot encore: je n'ai pas résisté, comme je l'annonçais, à réalimenter la diabolique machine avec son propre texte; voici donc, avant de conclure sur ce pénible sujet, les deux dernières strophes du sonnet retraduites automatiquement en français à partir de la traduction automatique en anglais de la traduction manuelle originelle de Pierre-Jean Jouve (ouf, stop, pitié!):

Été de éternel de tonne de flétrira de Se de Ne de Mais, ombre de fils de parmi d'erres de tu de que de mort de La de vantera de Se de tu de que de beau de Ni perdra possession de ce comme, et de Ne, grandiras de tu de temps de travers de à de éternelles de rimes d'en de quand ;
Le respireront de hommes de les de que de Tant et le verront tant de yeux de les de que, vivra de ceci de longtemps d'aussi, donnera de ceci luttent le toi de à.



Ce sonnet, je l'ai découvert et aimé il y a bien longtemps, et je viens de retrouver ce vieux carnet (il date de 1989) où j'en avais retranscrit à ma façon les premières lignes:






Et voici, enfin, l'architecture du jour.




A demain.












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Published by Paul Cox - dans paulcox
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commentaires

ianna andreadis 10/03/2005 17:41

bonjour paul, ton blog est une source de plaisir quotidien et de stimulations depuis le 9 février!! j'adore ta verve et zig zag divers, tout est imprimé quotidiennement , et mis dans un classeur à mécanique rouge, qui fait donc penser à tes oeuvres romanesques complètes...je suis absolument épatée par tes multi références ... ton art de jongler et ton humour. Actuellement, ayant un projet artistique dans une école, moi, "maîtresse ignorante", pour de vrai!, sur les géométries urbaines, cette méthode du maître, me guide...en permanence...encore bravo paul, admirativement!!!!!, ianna

guilaume poulain 09/03/2005 23:07

à demain.