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Des questions ?

Bienvenue sur ce blog, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.

Grâce à ce blog, j'espère vous permettre de mieux comprendre mon travail, et surtout avoir la possibilité de dialoguer avec vous, et recueillir vos impressions.

Paul Cox

 

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2 mars 2005 3 02 /03 /mars /2005 00:00
Couru dans tous les sens aujourd'hui, perdu à vrai dire pas mal de temps, en tout cas je me sens assez comme le lapin d'Alice



(Carroll étant, est-il besoin de le préciser?, un autre de mes chéris, et puis il y en a un autre encore, mais j'en parlerai un autre jour, c'est Edward Lear).

A propos de Carroll, un des livres qui ont beaucoup marqué mon enfance, c'est "La Logique sans peine", dans la jolie édition avec les images de Max Ernst, dont voici la couverture



(dont je gardais le souvenir qu'elle était vert sombre - mais je confonds peut-être avec les immenses buvards marqués de motifs à la Ernst que mon père utilisait pour sécher l'encre des partitions qu'il mettait au propre le soir - il est compositeur).

Et à propos de lapin, j'ai beaucoup dessiné et utilisé le personnage ci-dessous



nommé Krolik, en hommage au Dr Krolik (ce qui veut dire lapin en russe), personnage d'un de mes romans favoris, Ada, de Nabokov (où figure d'ailleurs l'une des descriptions les plus évocatrices et les plus magiques que je connaisse, celle de l'"Auberge des chasseurs enchantés", à laquelle je pense à chaque fois que je vois une maison aux fenêtres illuminées, la nuit, dans la campagne). Sur ce jouet (une sorte de pantin: les jambes et les bras s'agitent quand on tire sur la ficelle), j'ai collé un cartouche en haut à gauche avec ces mots du Faust de Goethe: "Instant arrête-toi, tu es si beau" (et ceci me rappelle cet amusant paradoxe proposé par je ne sais plus quel philosophe: "Instant, arrête-toi un instant"!). Le titre du roman de Nabokov, qui est aussi le nom de son héroïne, est évidemment, cela ne vous aura pas échappé, un joli palindrome.

Or il se trouve que j'ai mis en scène le personnage de Krolik dans un petit livre-palindrome, intitulé "Krolik is hungry" (Krolik a faim), livre bilingue anglais-japonais qui se lit du "début" à la "fin" (selon nos habitudes occidentales) pour la version anglaise, inscrite dans des bandeaux en bas des images, et de la "fin" au "début" pour la version japonaise, apparaissant en haut des images.



L'histoire est symétrique, s'inversant en miroir autour d'un point central (elle raconte l'impatience de Krolik devant la croissance trop lente des carottes dont il raffole; estimant qu'elles poussent de manière peu aérodynamique - leur pointe effilée vers le bas et le gros bout vers le haut, ce qui expliquerait leur lenteur - il décide d'aller voir ce qu'il en de l'autre côté du globe, dans l'espoir que leur disposition y soit inversée. Déception, sur place, de constater qu'il n'en est rien, et morale de l'histoire: "patience is the remedy").

Enfin, à propos de lapins, un autre livre favori de mon enfance était Les Histoire de l'oncle Rémus, avec de belles images à la gouache et un splendide lapin sur la couverture. Quand j'étais enfant, je croyais que le lapin était le roi des animaux, sans doute à cause d'une proximité phonétique dans ma langue maternelle, le néerlandais, entre le mot "konijn" (=lapin) et "koning" (=roi).
Et maintenant, par goût des contrastes, voici d'autres petites bêtes que j'aime bien, à cause de leur splendide couleur (pas de chance, mes photos sont en noir et blanc - mais elles sont, croyez-moi, d'un orange absolument somptueux), à cause de leur calme (qui n'est peut-être qu'apparent - difficile d'estimer la nervosité d'une limace), enfin à cause de la jolie manière qu'elles ont de laisser derrière elles une trace argentée de leur passage, dessinant sur le sol des forêts où je les rencontre d'élégantes cartographies.



Et puis je trouve touchante la petite selle qu'elles portent sur le dos, comme en attente d'un cavalier qui au galop préfèrerait une très lente flânerie.

J'ai rendu hommage à ces paisibles bêtes - ou plutôt à leurs cousines les escargots - dans un flipbook nouvelle vague intitulé "Carpe Diem" dont voici un extrait (précédé et suivi, dans le volume entier, de très nombreuses pages blanches où il ne se passe donc rien).



J'en profite pour vous montrer un extrait de cet autre ouvrage où il est question de temps également, c'est un autre flipbook, intitulé celui-ci "Un livre flippant"




Je voulais parler encore de quelque chose qui me tient à coeur et qui m'a beaucoup inspiré pour l'exposition: les "Dons" du pédagogue Froebel. Froebel, qui vivait dans la première moitié du XIXème siècle et fut l'inventeur du "Kindergarten", le jardin d'enfant, avait conçu tout un matériel pédagogique de complexité croissante, qu'il appelait les "Dons" (Don n°1, Don n°2 etc., je crois qu'il y en avait une vingtaine) dont voici le premier




(l'original est en bois, contenu dans la petite boîte qui en constitue la base). J'arrête là, c'était juste pour vous intriguer, je poursuivrai le feuilleton Froebel demain. Mais avant d'arrêter, la construction du jour, ce merveilleux géant de bois.




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Published by Paul Cox - dans paulcox
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commentaires

toniduran 02/03/2005 12:06

Bonjour, je n'ai pas encore eu la chance de voir de mes yeux vu votre exposition protéiforme in progress, mais je prends en tout cas bien du plaisir à lire chaque jour ce blog. Puisse ce petit bonheur quotidien se perpétuer lorsque ces constructions audacieuses seront démontées et que les jouets seront rangés !