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Des questions ?

Bienvenue sur ce blog, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.

Grâce à ce blog, j'espère vous permettre de mieux comprendre mon travail, et surtout avoir la possibilité de dialoguer avec vous, et recueillir vos impressions.

Paul Cox

 

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28 février 2005 1 28 /02 /février /2005 00:00
Voici à quoi j'ai l'impression de ressembler ce soir, rentré épuisé, échevelé, à vélo dans le froid et le vent après ma séance de "Dessins animés des meilleures intentions" au Centre.



(ce superbe masque, je l'ai trouvé à Oaxaca, au Mexique).

Alors je me détends en écoutant une nouvelle fois la Clémence de Titus (à la fois par paresse de changer le disque dans l'appareil, et parce que c'est vraiment sublime), et en regardant sans penser à rien par la fenêtre. Ce que je vois de mon bureau, la tour Eiffel avec son puissant rayon lumineux à la Jules Verne,



me rappelle brusquement ce tube de harissa entrevu à la cuisine où je suis monté me servir un remontant,


 


tube qui m'a souvent inspiré pour des dessins de phare, comme pour celui-ci, dans mon livre "Ces Nains portent quoi???????" que j'évoquais hier,



et où je juxtapose dans un masculin-féminin qui aurait amusé le bon docteur F. l'instrument plutôt féminin qu'est la harpe et son anagramme masculine (anagramme est féminin, comme chacun sait!), le phare.

(à propos d'anagrammes, et plus spécialement de palindromes, je veux rendre hommage à un spécialiste du genre, François Morellet - et évoquer ce tout récent souvenir: j'ai dû faire une présentation de mon travail, il y a peu, devant un amphithéâtre plein d'étudiants, aux Beaux-arts de Nantes, et je passais juste après Morellet: eh bien voilà un sort que je ne souhaite à personne, tant cet homme est génial, drôle et brillant!)
Quelle incroyable diversité de tons, d'inspirations, d'atmosphères dans cet opéra de Mozart réécouté pour la centième fois. Quelle merveille, cet air:
"Ah quel poter, oh Dei!
Donaste alla beltà".
("Ah! quel pouvoir, ô Dieux, vous avez donné à la beauté!").
Cette richesse m'encourage dans mon goût du divers, de l'hétéroclite. Et comme il me semble que cela fait bien longtemps que je ne me suis pas adonné à mon penchant pour les citations, en voici deux d'un coup: "Le trajet du meilleur des navires n'est qu'une ligne brisée faite de centaines de bords" (Ralph Waldo Emerson, dans "Self-reliance") - la phrase d'origine, en anglais, dit"zigzag line", ce qui évidemment m'évoque mon cher Rodolphe Töpffer et ses "Voyages en zigzag",



et aussi mon autre cher, Laurence Sterne, et ses digressions, qu'il schématise ainsi dans Tristram Shandy:



La deuxième citation, c'est ce bout de phrase de Dubuffet, qui dénigre les oeuvres répétitives des "artistes dont l'oeuvre n'est que leur propre publicité".
Peu de temps, avec tous ces projets en retard, pour lire ou pour faire de la musique (je joue du violon, depuis toujours, et du hautbois, depuis peu). Voici mon hautbois dans sa boîte:


je le trouve magnifique - mais c'est un véritable jeu de construction pour l'assembler. La plume qui dépasse de son rangement, c'est une plume de faisan, seul type de plume suffisamment rèche pour nettoyer efficacement l'intérieur de l'instrument (on l'y passe comme un écouvillon). Le problème du hautbois, et de ma sonore incompétence de débutant, c'est qu'où que j'en joue, j'ai l'impression de déranger: à la campagne, je fais littéralement braire notre âne Tristram, et à Paris sans nul doute mes voisins.



(Tristram, dont le nom est évidemment un hommage à mon auteur anglais favori, a un compagnon, un mulet, nommé Toby - qui est l'oncle de Tristram dans le livre de Laurence Sterne).




J'ai souvent, et depuis longtemps, dessiné des ânes, comme dans ce jouet (c'est une sorte de pantin: l'image s'anime par un mécanisme simple quand on tire sur la ficelle),




référence au célèbre canular où des tableaux peints par un âne à la queue enduite de peinture avaient été présentés au public comme l'oeuvre d'un peintre italien dénommé Boronali, anagramme d'Aliboron (anecdote décrite dans la géniale Encyclopédie des farces et attrapes, éditée chez Pauvert, hélas introuvable, mais consultable à la bibliothèque Forney). Ou encore dans cette grande lithographie modulaire, imprimée avec Franck Bordas,




répétition d'un même motif (reproduit à gauche) dans les trois couleurs primaires (cyan, magenta, jaune) avec rotation aléatoire des supports carrés entre chaque passage. La pièce s'intitule "Tristram", parce qu'il y est question de trames, et de trichromie.

Je pensais être bref ce soir, or me voici une nouvelle fois bien long!
Mais je ne terminerai pas avant de montrer mon bâtiment préféré du jour, une douillette maison à l'allure un peu indienne, aux murs peints de jolies couleurs et pourvue de deux étages.



A demain!







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Published by Paul Cox - dans paulcox
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commentaires

delphine 28/02/2005 18:28

J'ai assisté à votre projection hier après-midi... L'humour et la poésie de votre travail me touchent particulièrement...merci et bravo