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Des questions ?

Bienvenue sur ce blog, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.

Grâce à ce blog, j'espère vous permettre de mieux comprendre mon travail, et surtout avoir la possibilité de dialoguer avec vous, et recueillir vos impressions.

Paul Cox

 

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18 février 2005 5 18 /02 /février /2005 00:00
Hier, passé une excellente après-midi en compagnie de Capucine, Ulysse et Adrien, qui avaient bien voulu accepter de faire les acteurs pour une équipe de télévision venue filmer l'exposition. Ils ont répondu avec brio aux questions des journalistes, et ont construit de somptueux bâtiments:



Ulysse et Adrien ont imaginé un fier camp militaire,



et Capucine une élégante architecture à l'allure très contemporaine. Mais sa construction terminée, un courant d'air, ou un geste malencontreux, l'a fait s'effondrer. Capucine a aussitôt entrepris de la reconstruire sans montrer aucun émoi.

Cela m'a beaucoup impressionné, et m'a remis en mémoire une anecdote que mes parents me racontaient quand j'étais petit, et qui m'a beaucoup marqué (je ne sais pas si elle est vraie): Hippolyte Taine, célèbre écrivain et historien du XIXème siècle,



venait de terminer la dernière ligne de sa monumentale Histoire de la littérature anglaise. Pour fêter cela et pour se changer les idées, il partit faire un petit tour dans la campagne où il habitait, laissant le précieux et épais manuscrit sur son bureau (c'était bien avant la photocopieuse et l'ordinateur: donc pas de copie de ce seul exemplaire!). Imprudemment, il laissa sa fenêtre ouverte. Un orage éclata. Taine rentra en courant, mais trop tard: le vent avait emporté toutes les feuilles, la pluie avait délavé toute l'encre. Il ne restait plus rien de son énorme travail. Taine ne se démonta pas. Il se remit aussitôt au travail, et recommença à écrire sa première page. Capucine, donc, m'a fait penser à Taine.

Après le reportage, nous sommes allés prendre un goûter, et j'ai assisté là, de la part de mes jeunes acteurs, à de nouvelles prouesses d'expérimentation et de combinatoire: il s'agissait de manger de la meilleure façon le gâteau choisi, d'approche assez malcommode (un macaron plutôt inhabituel, farci d'une sorte de flan serti de framboises et servi avec un petit pot de coulis). J'ai pris en photo les différentes méthodes adoptées, les voici:





J'ai trouvé dans ce goûter une nouvelle preuve de cette vérité fondamentale: il n'y a pas qu'une seule façon de résoudre un problème, mais généralement plusieurs, et ce qui importe c'est de le résoudre avec élégance.

Hier j'ai promis de parler un peu encore de la magnifique exposition "Comme le rêve le dessin" qui se tient en même temps au Centre Pompidou et au Louvre. Au Centre Pompidou, une remarquable scénographie met en rapport dessins anciens et contemporains, et dessins et films; au Louvre, m'a particulièrement frappé la juxtaposition de dessins de Joseph Beuys datant des années 50 et d'un dessin de Barocci, qui vivait au XVIème siècle. Ceci me ramène au livre de Jacques Rancière, "Le Maître ignorant", que j'évoquais plus haut, qui ne cesse de mettre l'accent sur la nécessité d'établir des rapports entre les choses, par exemple: "L'acte de l'intelligence est de voir et de comparer ce qu'elle voit"; ailleurs: "Qui cherche trouve toujours. Il ne trouve pas nécessairement ce qu'il cherche, moins encore ce qu'il faut trouver. Mais il trouve quelque chose de nouveau à rapporter à la chose qu'il connaît déjà".
Le hasard veut que la scénographie de cette exceptionnelle exposition soit signée de l'architecte, Karima, avec qui j'ai travaillé pour mon jeu de construction.
J'ai fini de ranger mon atelier. Place nette maintenant pour commencer les nouveaux projets qui attendent et qui sont déjà un peu en retard

(cet arbre incroyable, que j'ai photographié il y a quelque temps à la campagne, me semble symboliser à merveille la succession des projets - et de manière plus générale la réalité cyclique de la vie! Un projet terminé, un autre naît. Certes, l'image est un peu approximative, l'arbre du dessous paraissant mort (même s'il ne l'est pas, puisqu'il donne naissance à la nouvelle pousse) or un projet terminé n'a évidemment en général pas l'air mort!)

J'attache une très grande importance à la netteté et à la propreté de mon atelier. J'ai lu que Willem de Kooning, un peintre que j'admire beaucoup, avait mis au point un système très ingénieux de gouttière et de clapet pour recueillir, sous le chevalet où il peignait ses peintures assez dégoulinantes, les gouttes et les giclures, de telle sorte que la surface agitée, apparemment désordonnée, pour tout dire un peu "crade", de ses peintures, se détachait toujours sur un environnement particulièrement net et propre (et Mondrian, dit-on, se ménageait, dans un coin de son impeccable atelier où pas un grain de poussière n'aurait oser s'aventurer, un petit cagibi bourré d'un chaotique désordre).



Enfin voici, comme chaque jour dorénavant, l'édifice qui m'a le plus plu lorsque je suis passé voir l'exposition aujourd'hui (j'y passe tous les jours pour prendre des photos en prévision du livre que je veux en faire).

A demain!

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Published by Paul Cox - dans paulcox
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commentaires

anelor 18/02/2005 17:40

les enfants m'étonneront toujours: leur imagination est leur forcecontinuez ce petit chemin, il est passionnant MERCIsigné:une instit auprès d'enfants qui ont peur d'imaginer justement